Réponses sur les influences culturelles indiennes
des années 70
Est-il vrai que Prem Rawat a débarrassé son enseignement
des rites et traditions d’origine hindoue qui l’accompagnaient
dans les années 70 ?
Prem Rawat avait 13 ans lorsqu’il est arrivé en Occident.
Compte tenu de son âge, l’organisation et la manière
de présenter son message ont été prises en main par
des adultes indiens imprégnés de la culture de leur pays.
Cette coloration, qui semble étonnante aujourd’hui, a perduré
pendant près d’une décennie tant ce qui venait de
l’Inde suscitait à l’époque l’engouement
de nombreux jeunes Occidentaux.
A cette époque, beaucoup de ces jeunes s’habillaient à
l’indienne, étaient végétariens, séjournaient
en ashram et avaient fait leurs, certains termes, croyances et
rites venus d’Orient.
De ce fait, peu de gens songeaient à remettre en question les
apports culturels qui accompagnaient alors l’enseignement de Prem
Rawat.
Au fil des ans, Prem Rawat a clairement fait comprendre que son message
n’avait rien à voir avec une culture en particulier. Après
avoir vécu quelques années en Occident et en avoir mieux
compris les mentalités, il a débarrassé son message
de ce qui l’encombrait et en dénaturait l’universalité.
Dès le début des années 80, il a mis fin à
ce qui subsistait des traditions indiennes. Les ashrams ont été
fermés partout sauf en Inde. Il a demandé à être
appelé Maharaji au lieu de Guru Maharaji.
Si l’enseignement de Prem Rawat a perdu sa coloration indienne,
son essence reste la même.
Pourquoi certains l’appelaient-ils « Seigneur de l’univers »
dans les années 70 ?
Dans la culture occidentale, un titre reflète une position sociale.
Ce n’est pas le cas en Inde, où « Seigneur de
l’Univers » est un titre donné sur la base du
respect, de l’admiration ou de l’affection que l’on
porte à quelqu’un.
Dans les années 70, où ce qui venait de l’Inde était
à la mode, ce vocable, comme d’autres, a été
repris tel quel en Occident.
En Inde, bien d’autres personnes avant Prem Rawat ont été
appelées « seigneur de l’univers ».
Cette dénomination n’implique aucunement qu’elles aient
prétendu posséder un pouvoir sur l’univers ou sa création.
En Occident, le titre « Votre Excellence » n’implique
pas non plus que le destinataire de celui-ci en soit la personnification.
Pourquoi, à cette même époque, certains disaient-ils
que Prem Rawat était « plus grand que Dieu » ?
En Inde, le « Guru » est souvent considéré
à l’égal de Dieu ou même comme « supérieur
à Dieu ». Pour l’homme de la rue, dire que « le
Guru est supérieur à Dieu » n’a rien d’extraordinaire,
puisqu’il considère que celui qui peut lui révéler
Dieu est au-dessus de tout. Ce qui, en Inde, est un lieu commun est choquant
pour d’autres cultures.
Qu’en est-il du chant appelé « Arti » ?
C’est une autre pratique venue de l’Inde. Arti est
un chant qui s’adresse à une personne que l’on respecte :
un maître, un professeur ou un membre de sa famille. Il est chanté
en certaines occasions pour célébrer un évènement
important ou pour exprimer sa gratitude. En Occident, ces dernières
années, Arti n’a été chanté
qu’en de rares occasions.
Est-ce vrai que certains souhaitent lui toucher les pieds ?
Le désir d’exprimer son respect n’est pas l’apanage
de ceux qui suivent les enseignements de Prem Rawat. En Asie, des enseignants
de plusieurs disciplines, comme les arts martiaux, la musique ou la philosophie,
offrent encore aujourd’hui la possibilité à leurs
élèves de se présenter devant eux pour manifester,
chacun à sa manière, respect et reconnaissance. Certains
peuvent s’incliner devant eux, d’autres leur toucher les pieds.
Les catholiques expriment un respect similaire envers leurs évêques
et leurs cardinaux lorsqu’ils baisent leur anneau.
Quant à Prem Rawat, il offre occasionnellement cette possibilité
à ceux qui le désirent, en les laissant se présenter
tour à tour devant lui. Beaucoup sont tout simplement heureux de
le voir dans un contexte plus intime et lui sourient, d’autres le
remercient oralement, d’autres s’inclinent et d’autres
encore choisissent de lui toucher les pieds brièvement.
Dans les années 70, cette pratique - appelée « darshan »
(du verbe voir en hindi) - était courante en Occident,
mais elle y est devenue très rare. Elle a lieu essentiellement
en Inde où elle fait partie de la culture. Elle n’implique
aucun droit d’entrée ou de participation financière
et il n’existe aucune recommandation ou obligation quant au fait
d’y participer.
Est-il vrai que certains ont eu véritable vénération
pour Prem Rawat ?
Certains le considèrent comme un ami, d’autres comme un
guide, d’autres encore comme un maître.
Comment se décrit-il ? Il disait récemment dans une
interview : « Avant, les gens m’appelaient "Guru".
Ce que je dis vient de mon cœur et s’adresse à un autre
cœur. Je n’essaye pas de me placer au-dessus des gens. Je suis
un être humain. Beaucoup de choses ont été dites à
mon sujet. La plupart proviennent d’émotions, bonnes ou mauvaises.
Je suis fier d’être un être humain. Je suis très
heureux d’être en vie. Je suis aussi heureux de pouvoir ressentir
joie et souffrance comme tout le monde. Certains seraient très
heureux de m’affubler d’étiquettes, mais je ne suis
que moi. »
Les associations qui relaient l'enseignement de Prem Rawat ont-elles
également subi l'influence indienne des années 70 ?
A l’origine, elles étaient toutes une réplique de
la Mission de la lumière divine, l’association créée
en Inde par les disciples du père de Prem Rawat.
Dans les années 80, époque où l’enseignement
de Prem Rawat s’est peu à peu dissocié de sa coloration
culturelle de départ, elles ont évolué vers un mode
de fonctionnement plus en phase avec les us et coutumes locaux et se sont
appelées Elan Vital dans la plupart des pays.
Aujourd’hui, elles portent des noms différents suivant les
pays, évoluent de façon autonome et adoptent des structures
toujours plus légères.
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